Caroline Boeglin nous emmène en visite guidée chez Gilbert Werckerlé
Tout de noir vêtu, Gilbert nous ouvre la porte de son magasin avec un grand sourire, je n’en crois pas mes yeux cet homme ne fait pas son âge. Cette ancienne ébénisterie est aujourd’hui un concept unique en France. Un show room aux allures de véritable intérieur : salon, salle à manger, salle de bain, chambre à coucher se succèdent sur trois étages. La maison rêvée !
Comme s’il nous reçevait chez lui, Gilbert allume un grand feu dans sa cheminée en pierre blanche du sud, elle est à vendre, tout comme le confortable canapé sur lequel nous nous asseyons. Autour de nous, des meubles en bois flotté, sans verni : l’effet est très naturel et son bois scrupuleusement choisi. Gilbert est un écologiste depuis toujours. Il n’est pas designer de meubles, la technique de l’intéresse pas, c’est un créateur : personne ne lui a appris à dessiner, il tient un crayon depuis sa plus tendre enfance. Un jour par hasard il devient vendeur de meubles. Il aime le toucher du bois, il aime écouter les clients et sentir leurs besoins. Il griffonne une bibliothèque, deux ans plus tard son brouillon séduit un jury à Paris qui lui attribue sa première médaille : c’est le début d’une aventure qui dure depuis 30 ans. ALD Paris, Grange, Roche Bobois, Ambitat, Crozatier et tant d’autres font appel à lui pour créer des collections qui feront le succès de ces grands noms du meuble. Il me raconte ses longues nuits où il dessine des tables par dizaines, comme un enfant, toujours en s’amusant.…


Il n’aime pas parler de son palmarès, de tout ces salons de Paris à Shangaï où il collectionne les récompenses. Timidement, mais avec une pointe de fierté, il me raconte sa rencontre avec Jean Reno pour qui il dessinera une collection, et lâche en passant les noms de Roger Moore ou encore Gérard Jugnot. Au mur, des couleurs veloutées : le dernier gris «Dove Tale» de chez Farrow&Ball dans le salon, un vert tendre « French Gray» dans le couloir et le rouge «Brinjal» dans la chambre. Cette chambre parsemée de pétales de roses où son dernier lit à baldaquin a trouvé sa place : tout en finesse, il semble flotter dans la pièce. Le sol en pierre blanche de Rouffach est surprenant, effet rustique pourtant très moderne. Au dessus de moi les horloges sont arrêtées, cet intérieur cache les secrets d’une décoration intemporelle, comment se lasser du beau, du simple, du naturel... Gilbert avait raison c’est une maison de rêves....

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